Le cacao et le Chiapas

Le cacao et le Chiapas face à la mondialisation

Il existe dans cette région une variété de cacao, le cacao Criollo, qui a été cultivée par les Mayas et qui est considérée comme un chocolat d’une qualité exceptionnelle en raison de la finesse de son arôme. Malheureusement, cette variété ayant un faible potentiel de production, elle a quasiment disparu aujourd’hui à cause notamment du gouvernement mexicain qui a impulsé des hybridations massives en 1945 et 1980.

Paradoxalement, le Mexique fait partie des cinq pays qui, à la fois, présentent la plus riche biodiversité de la planète et qui comptent un taux de déforestation des plus élevés au monde (90% de son territoire son ravagés par la déforestation). Cela s’explique notamment par des prix en chute libre sur les marchés internationaux et par la reconversion de cultures moins « rentables », comme le cacao, en monocultures (canne à sucre, soja, palme, banane). Ce phénomène est stimulé par le gouvernement mexicain qui propose des subventions importantes pour les plantations de palme et de canne à sucre et l’Union Européenne qui a commencé à financer ces plantations au Chiapas à partir de 2005 pour en faire des agro-carburants. Cette reconversion entraîne une déforestation massive et le développement de gigantesques plantations de canne à sucre, de bananes et de palme qui exigent l’utilisation intensive de produits chimiques.

Par ailleurs, au niveau national, le Chiapas occupe la deuxième place en termes de diversité ethnique et linguistique. Cette région qui compte la population indigène la plus importante du pays est la plus pauvre du Mexique. Elle doit faire face aux nombreuses tempêtes tropicales et ouragans qui font souvent des ravages, mais aussi aux politiques agraires mexicaines et à l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) qui ne les favorisent pas.